
Pendant
trois jours, près de 1300 jeunes musulmans, hommes et femmes, venus
d'Angleterre, mais aussi des États-Unis et du Canada, se sont rassemblés
près de Birmingham, dans les locaux de l'université de Warwick, pour trouver
des solutions à la montée de l'extrémisme, notamment dans les écoles et les
universités. «Al-Hidayah 2010», sorte de «camp d'été antiterroriste», comme
le décrivent les médias britanniques, proposait conférences, débats et
activités multiples autour d'un thème central : comment faire face aux
arguments des islamistes radicaux ? Parmi les outils proposés : des passages
du Coran et des extraits de textes religieux.
«Avec ce que nous avons appris, je suis persuadé que nous pouvons
empêcher nos amis, nos voisins et nos collègues de se laisser convaincre par
les terroristes», raconte Dawud Qadri, 23 ans, vendeur à Manchester. «Je
voulais en savoir plus sur ma religion, qu'on m'explique pourquoi le
terrorisme est mal. Les médias adorent dépeindre les musulmans comme des
terroristes. Je suis content d'avoir participé à cette initiative pour
empêcher cela», explique Moshin Kan, une jeune fille de 19 ans qui vit à
Oldham près de Manchester.
Mettre un frein à la «contamination idéologique»
Le docteur Muhammad Tahir-ul-Qadri, un éminent érudit musulman d'origine
pakistanaise, est à l'origine de cette initiative sans précédent dans le
pays.
En mars à Londres, il avait déjà condamné les terroristes dans une fatwa
de six cents pages dans laquelle il soulignait que les actes de terrorisme
ne pouvaient trouver aucune justification au nom de l'islam.
Avec «al-Hidayah 2010», ul-Qadri compte mettre un frein à la «lente
contamination idéologique» du radicalisme. «J'annonce une guerre
intellectuelle et spirituelle contre l'extrémisme et le terrorisme. Je pense
qu'il est temps pour les érudits modérés de l'islam qui croient en la paix
de se manifester. Je crois que ma mission est de sauver la jeune génération
de la radicalisation et de la vague de recrutement terrorisme à l'Ouest»,
a-t-il déclaré dans son discours d'ouverture.
Ul-Qadri a annoncé que «des camions antiterrorisme», remplis de livres et
de DVD et conduits par des volontaires, allaient prochainement parcourir le
Royaume-Uni pour lutter contre les recruteurs d'al-Qaida. «Nous frapperons à
toutes les portes», a-t-il dit.
La Grande-Bretagne compte aujourd'hui près d'1,7 millions de musulmans,
en majorité originaire du Pakistan. Depuis les attentats de 2005 à Londres
qui ont tué 52 personnes, le gouvernement britannique, réputé pour sa
tolérance, a tenté à plusieurs reprises de bannir
certains prédicateurs radicaux de
la capitale britannique. Mais il peine à établir un lien direct entre ces
prêcheurs et les organisations terroristes.